samedi 31 janvier 2026

Mauvaise herbe

 


Nous avons plus que besoin de rallier 
notre dimension mauvaise herbe

Négligée 
piétinée 
arrachée, 
son existence 
et ses échanges 
dans l'écosystème 
sont réels 
et incontournables,
le nier c'est se nier
soi-même. 
Ses frontières sont
les siennes 
pas celles imposées 
au nom d'impératifs 
qui lui sont étrangers, 
ne nous laissons 
pas dicter par des fictions 
qui ne sont pas les nôtres.

mardi 27 janvier 2026

L'Etoile dans le Tarot, Prométhée, Elpis, le Verseau

Soleil en Verseau : notre humanité, notre insoumission intrinsèque et en mouvement 
vs. une tentation nihiliste de pouvoir corrompu, dévoyé, qui fait, aussi, face à lui-même et sa nudité crue en dévoilement  - et face à Pluton en Verseau pour quelques années.


Le Soleil est symboliquement en Verseau en ce moment. L'occasion de parler de ces énergies qui sont au cœur de l'expérience collective maintenant.


Dans le Tarot, on associe l'arcane de L'Étoile au signe zodiacal du Verseau, un signe représenté traditionnellement par un homme versant une jarre d'eau sur le monde.
Il s'agit de Ganymède, l'échanson des dieux de l'Olympe choisi par Zeus, qui le placera dans le ciel sous forme de constellation.
Le mot zodiaque, avec zoo dedans, figure la prévalence des animaux parmi les 12 signes, excepté les Gémeaux, la Vierge, la Balance (seul objet du zodiaque), le Sagittaire (centaure, être hybride), et le Verseau. Ce dernier nous parle plus que tout autre de notre humanité.
Le Verseau verse sur le monde l'eau céleste de la connaissance et de l'esprit. Ganymède et Hébé versaient l'ambroisie et le nectar des dieux, pourvoyeuses d'immortalité et de jeunesse éternelle (non sans rappeler la quête philosophique).

Le Verseau est aussi associé au mythe prométhéen, en rapport avec la planète Uranus qui en a la maîtrise (aux côtés de Saturne, 7e et dernier astre des ancien.ne.s, avant la découverte d'Uranus).
Zeus chargea les Titans, Prométhée et son frère Épiméthée, de créer les êtres vivants sur Terre. Épiméthée créa les animaux, plus puissants les uns que les autres, en utilisant les facultés (instinct de survie, rapidité...) et les ressources (cornes, griffes, mâchoires...) que Zeus avaient mises à leur disposition. Prométhée n'eut d'autre choix que de façonner l'homme avec de l'argile, le laissant nu et vulnérable. Il décida alors de désobéir à Zeus et vola des attributs divins, à Héphaïstos *le feu et à Athéna *les arts, pour en faire don aux hommes afin qu'ils puissent survivre. Il fut condamné par Zeus dans un célèbre châtiment.
L'eau versée dans la symbolique du Verseau est reliée à l'intelligence offerte par Prométhée, par sa rébellion.

Mais le Verseau est encore associé à la déesse Elpis, la déesse de l'Espoir.
Elpis est la fille de Nyx, déesse de la Nuit, et la mère de Pheme, déesse de la réputation, de la renommée, de la rumeur, thématiques que l'on peut associer aussi à la carte de L'Étoile, qui personnifie couramment l'Espoir.
On peut y voir l'attente du Jour, du Soleil, au cœur de la Nuit, à travers les Étoiles. Le Soleil y est préfiguré, quelque part il est toujours là, il ne meurt pas.

L'Espoir est aussi abordé, dans l'Antiquité, dans le sens de l'attente négative, illusoire.

Dans "Les Travaux et les Jours" d'Hésiode, Elpis est-elle associée aux maux ? Pandore laisse s'échapper tous les maux de la jarre d'où ils étaient enfermés. Seule Elpis, l'Espoir, reste au fond, la jarre ayant été refermée sur ordre de Zeus.
(Après la Mort, la Destruction, l'Effondrement, demeure l'Espoir).

Dans "Prométhée Enchaîné" d'Eschyle, Prométhée déclare :
"J'ai guéri les hommes d'être hantés par la prévision de leur mort (...). J'ai logé en eux des espérances qui les aveuglent.".

Selon Jean-Pierre Vernant, Elpis n'est ni bonne ni mauvaise, elle est ambiguë (comme les deux jarres et l'ambidextrie de la femme de L'Étoile) :
"Pour qui est immortel, comme les dieux, nul besoin d'Elpis. Pas d'Elpis non plus pour qui, comme les bêtes, ignore qu'il est mortel. Si l'homme, mortel comme les bêtes, prévoyait comme les dieux tout le futur à l'avance, s'il était tout entier du côté de Prométhée, il n'aurait plus la force de vivre, faute de pouvoir regarder sa propre mort en face [ce qui fut le châtiment de Prométhée]. Mais se connaissant mortel sans savoir quand ni comment il mourra, Elpis, prévision, mais prévision aveugle, illusion nécessaire, bien et mal à la fois, Elpis seule permet de vivre cette existence ambigüe, dédoublée, qu'entraîne la fraude prométhéenne (...) plus d'existence humaine sans la double Elpis, attente ambigüe, crainte et espoir à la fois".

Sophocle présente l'oracle, la voix prophétique, comme la "fille de l'Espérance d'or".

Elpis était représentée sous les traits d'une jeune femme portant généralement des fleurs ou une corne d'abondance.
Motif des fleurs que l'on retrouve également avec Koré = "la jeune fille", fille de Déméter, enlevée par Hadès et devenue Perséphone.

Chez les Romains, Elpis devient Spes, signifiant Espérance en Latin. C'était une des personnifications divines du culte impérial des Vertus. Dans ce cadre, Espérance est associée à la capacité de l'Empereur d'assurer des conditions bénies.
Représentée sous l'aspect d'une jeune femme avec des fleurs, une ancre lui a été associée tardivement.
Elle rejoint ainsi Sella Maris, l'ancre des marins associée à la Vierge céleste, l'ancre qu'ils emmènent partout, l'Étoile du Nord qui les guide.

Espérance deviendra une des vertus théologales chrétiennes, au côté de Foi et Charité. Puis s'ajouteront aux 3 vertus théologales, au Moyen Âge, les 4 vertus cardinales : Prudence, Tempérance, Force (d'âme) et Justice, que l'on retrouve en partie dans le Tarot, qui contient un système de 7, nombre de l'intelligence sacrée (L'Étoile est le numéro XVII dans le Tarot de Marseille).

Cette vertu de l'Espérance a pu être traduite par l'espérance de la vie éternelle après la mort (dans l'approche de négation du vivant qui a pu prédominé dans la religion officielle chrétienne). Or, la filiation prométhéenne nous enseigne que c'est un don qui fait constamment irruption dans notre vie présente pour nous sauver de nous-même.




La carte de L'Étoile pourrait représenter la jeune femme Elpis / Spes : une constante, un ancrage, une source éternelle, un goût d'absolu, face aux aléas de l'existence limitée par la mort. 
(Elle pourrait aussi représenter Eos, l'Aurore, l'aube, le nouveau jour toujours menacé, la renaissance, mais c'est une autre histoire que je raconterai peut-être une autre fois. Toutes ces jeunes filles prennent leur source dans des représentations cosmogoniques indo-européennes, que l'on retrouve dans les contes et les mythes païens). 
La jeune femme de l'Étoile serait un goût remémoré du nectar des dieux offrant immortalité et jeunesse éternelle, faisant intrusion dans cette condition humaine présente de nudité et de vulnérabilité. Elle donnerait aux êtres humains terrestres, incarnés, la force de leur rébellion contre leur enchaînement.

Toutes ces notions des mythes enrichissent notre vision de L'Étoile dans le Tarot, et des 22 Arcanes Majeurs.
On associe généralement l'Espoir à la carte de L'Étoile.
On peut également lui associer les attributs du Verseau : la vision ou prévision, la guidance, l'étoile qui oriente, la vocation, le dévouement,
l'idéal, les souhaits, les projections, l'illimité, l'imaginaire,
l'authenticité, la nudité - condition humaine, le dévoilement, la vulnérabilité, la fragilité, la soumission à la mort, autant que l'insoumission, la dignité, l'indignation, l'insolence, l'interdit,
l'originalité, la diversité et l'universalité, la source créative, féconde, l'engendrement, l'inspiration céleste, la spiritualité qui descend dans la matière, l'intelligence, l'ingéniosité, le don (reçu et donné aux autres, circulant à travers les ondes), la bienveillance qui n'est pas la fausse bienveillance, la gentillesse, la tolérance, l'amitié, les largesses, l'empathie, le non jugement, le service choisi, le sacrifice au sens prométhéen de feu sacré donné, la mise à genou et l'irrévérence,
l'individu qui n'est autre que le collectif et inversement, l'holographie, les ondes intuitives, l'immanence et la transcendance, le pouvoir qui émane du dedans,
la renaissance, la régénération,
la révolte, le non asservissement, l'insubordination, l'émancipation, la source, l'origine, la radicalité, l'intensité, l'horizon-talité, l'onde collective (telle que figurée dans le glyphe du Verseau ♒, signe d'Air, 11e et avant-dernier signe du zodiaque), les réseaux...
L'Étoile représente autant le sacré que la profanation, un pied dans l'eau céleste, et un pied sur Terre. La dimension d'âme, incarnée. La dimension d'inviolabilité. L'être, l'essence, l'éthique, la source des actes.
Les arts, la sensibilité, la beauté, la recherche d'harmonie, la perfection et l'imperfection.
Le corps physique, la sensorialité, la sensualité, le bien-être, le fait de nourrir, le soin, la détente, la douceur, l'intimité, l'eau - et les abus, les atteintes au corps, les limites du corps.
Comme on l'a vu, L'Étoile peut encore être associée à la renommée. 
Ou à l'attente illusoire, la jeunesse éternelle et son illusion dans la matière, la perfection, la naïveté, le flou, l'absence de limites, être sous influence, le gaspillage, la déperdition, la dilution, le sacrifice, la fatigue, la volatilité, le manque d'ancrage...

N'hésitez pas à partager vos propres correspondances avec cette carte, le Tarot n'est pas figé, il est vivant. Nous le racontons, nous nous racontons. 
L'Étoile nous conte encore bien des choses sur notre pouvoir, né d'une fausse impuissance, dans cette existence. Et ceci résonne particulièrement en ce moment de tentation nihiliste de pouvoir corrompu, qui fait face à lui-même et sa nudité crue en dévoilement - face à Pluton en Verseau pour quelques années.

Sources dans divers articles Wikipedia 

Jeux : Tarot de Marseille de Nicolas Conver, Tarot Rider Waite Smith, Grand Lenormand, Tarot Visconti di Modrone, Sybille italienne.

dimanche 25 janvier 2026

 



P**ain de nihilistes.

C'est vous que vous enfermez dans une cage infernale. Vous ne vous sauvez même pas de vous-même. Ainsi vous êtes votre propre piège. Vous êtes votre propre enfer. À jamais.

Pluton, la destruction, "découverte" en 1930, est conjointe au Soleil en ce moment, dans le Verseau.
Vous êtes en actes votre propre annihilation.

La vie humaine est une mise en actes. 
Vous êtes face à vous-même.

Dans toute votre désolation.

lundi 29 septembre 2025

La peur de la "divination". Que dit le Tarot ?



Vidéo complète ici


J'ai envie de parler de divination.

Parce que, par exemple pour les cartes, tarots et oracles, on entend beaucoup de personnes qui tirent les cartes se défendre de faire de la divination.

En sous-texte, cela signifie en général : moi, je me distingue de ces pratiques qui consistaient à te dire quand tu allais mourir, les catastrophes qui devaient jalonner ton parcours, les combinaisons gagnantes de la loterie, etc.
Bon, je caricature. J'ai pris les extrêmes car ce type de prédiction, déontologiquement, ne se fait plus. Mais cela peut être, couramment, de demander à savoir ce qu'il va se passer avec cette personne, ce que va donner cet entretien, etc. Ce type de question qui appellerait uniquement un verdict prédéterminé (et écarterait a priori d'un travail sur soi).
En réalité, l'art de tirer les cartes peut amener à bien plus de choses qu'il n'y paraît, même sur une simple demande de prédiction. Cela peut appeler une première réponse qui donne simplement une tendance, une météo dans le présent, mais peut faire surgir des échos chez la personne qui consulte. La conduire à d'autres questionnements : par exemple, comment m'y prendre, quoi regarder de plus près, etc., pour modifier la situation non souhaitée, qu'est-ce que je cherche au fond, etc.

Ce "disclaimer" mis en avant envers la divination, la voyance, la mantique (du grec mantiké, l'art de la divination, -mantie), est déclamé depuis bien longtemps en réalité.

Dans le monde des cartes, les occultistes du XVIIIe, et leur science, ont pris soin de se démarquer des pratiques de bonnes femmes cartomanciennes, ou d'un certain "coiffeur" nommé Alliette - à qui on doit quand-même aujourd'hui le tarot ésotérique le plus pratiqué dans le monde, le Tarot Rider Waite Smith, puisque l'occultiste Arthur E. Waite a repris les travaux du Tarot d'Etteilla, pour ce qui est de la signification des lames mineures. (Ex...)

On peut imaginer, plus loin dans le temps, le même genre de démarcation, par exemple, entre les pratiques des anciennes, des anciens des campagnes, répondant à des besoins quotidiens, et celles des grands mages proches des sphères de pouvoir.

Et pourtant, nous avons toujours cherché, et nous cherchons toujours, à mieux connaître ce qui nous favorise et ce qui nous défavorise, ce qui va nous permettre, nous aider à réussir telle ou telle chose, à prendre une décision... Ce qui va nous guider dans une orientation de parcours. 
Nous cherchons à obtenir des informations, certes, mais nous cherchons aussi quoi mettre en place pour nous favoriser. Par exemple, si on se réfère aux pratiques ancestrales de type chamanique, cela donne : que dois-je faire pour attirer la faveur des esprits et que le gibier s'offre à moi, en-dehors de mes connaissances propres de pratique de chasse ? On s'en réfère au numineux.

Le numineux c'est l'expérience affective du sacré, défini par Rudolf Otto, philosophe théologien, en 1917. Le terme est dérivé du latin "numen", injonction, volonté. C'est la puissance agissante de la divinité, un « sentiment de présence absolue, une présence divine ». Le numineux est à la fois mystère et terreur.

Avec le développement scientifique des sociétés occidentales, et la démarche matérialiste (en réaction aussi à l'obscurantisme), on a plutôt cherché à se soustraire à la soumission du numineux. À se référer à des mécaniques contrôlables, prévisibles, d'une autre manière. 
Or, la crise du pouvoir personnel dans la vie n'étant toujours pas solutionnée pour les humains (scoop !), le numineux n'ayant toujours pas disparu tandis que nous résolvions des choses avec notre intelligence, les questions continuant d'augmenter, nous assistons plutôt aujourd'hui à un retour de la prise en compte du numineux, de l'expérience sacrée qui peut s'exprimer dans le "hasard" du tirage.

Regardons ce que nous disent les lames du Tarot de Marseille sur cette question de la divination, sur le fait de deviner, en lien avec le divin.

Elles nous disent d'abord que le Tarot est un jeu : arcane I du Bateleur (...) (voir aussi la vidéo dédiée).
La vie est un jeu, le Tarot peut être un jeu sur la vie.
Comme toute la dimension symbolique des jeux depuis que les êtres humains ont développé une conscience "sapientia" : les osselets, les dés, les jeux de parcours, de labyrinthe, comme le jeu de l'Oie, le jeu d'échecs et leurs ancêtres, et bien sûr les jeux de cartes.

Je cite ici Isabelle Nadolny, dans son ouvrage "Histoire du Tarot", qui cite elle-même Jean-Marie Lhôte, dans "Le Symbolisme des jeux" (1976) :
"L'historien du jeu Jean-Marie Lhôte considère avec une grande justesse un homme qui jette un coquillage en l'air, en se demandant à quel moment l'homme va faire un vœu en se disant : "Si le coquillage retombe sur le côté rond, je vais avoir de la chance, s'il retombe sur le côté creux, ce n'est pas de bon augure." Il se demande ensuite à quel moment interviendra un partenaire pour lui dire : "Si c'est le côté arrondi, tu gagnes, si c'est le creux, c'est moi qui gagne." Qui peut le dire ? Tout jeu a pour cause le désir de l'homme d'exercer ses facultés physiques ou cérébrales, de montrer sa force ou son habileté face aux autres. Et quand le hasard y entre, on joue pour savoir lequel des joueurs sera favorisé par... le sort, la chance, la fortune, la providence ? Dès qu'on évoque le sort, on peut évoquer aussi la destinée, le destin, la fatalité, la magie... Qu'est-ce qu'un bon ou un mauvais sort, sinon aussi un acte magique ? Toute une palette de notions fondamentales entre en jeu dès qu'on évoque les jeux de hasard."

Après l'atout I du Tarot, Le Bateleur, prenons l'atout X, qui est numérologiquement un 1, par réduction (un début et une fin, un commencement et un achèvement, un changement et une continuité) : l'arcane X est La Roue de Fortune.

Tiens, la Fortune. Fortuna est une divinité romaine, dont le nom vient du latin "fors", qui signifie le sort, et qui vient de l'étymologie "ferre" en latin, qui signifie "porter", "apporter".

Le mot "femme" provient de cette étymologie. D'ailleurs Fortuna est une femme, et on retrouve au-dessous et au-dessus de cet agencement des lames majeures du Tarot, L'Impératrice et la femme de L'Étoile potentiellement enceintes (c'est plus ou moins visible selon les jeux), qui portent, qui apportent. (Les sphères...)

Donc Fortuna est celle qui apporte le sort, qui porte la fertilité (même origine du mot), la bonne ou mauvaise fortune, et ses attributs sont la roue, la sphère, le gouvernail, la proue de navire, la corne d'abondance. Ici, dans le Tarot, nous retrouvons la Roue.

On pourrait donc penser en voyant cette carte que l'on est soumis au sort des dieux (ou de l'"univers"). 
En partie, il y a des choses écrites, des lois écrites, La Papesse, et La Justice, nous le montrent. Mais avec L'Hermite, témoin de cette "sapientia", il est bon de se pencher dessus, de chercher à les éclairer de notre lanterne.
Parce que, tu ne peux pas tout maîtriser, en tant qu'être incarné dans un monde limité où tu ne peux pas voir en même temps toutes les faces de la pièce, mais tu peux se faire rejoindre les choses, par la dimension de ta compréhension. Par ton œuvre symbolique, la connexion avec cette dimension d'âme, qui fait se rejoindre les choses, la dimension du verbe, et du sens des actions. (Axe du Monde, Vesica Piscis, les cercles, les sphères qui se rejoignent...)
Dans ta condition humaine qui n'est pas divine, où il y a du subi, tu peux tout de même acquérir de la maîtrise, et créer cette connexion avec cette dimension "insoumise" - sans pour autant échapper à la souffrance et aux lois terrestres.

Si l'on superpose la carte du Bateleur et celle de La Roue de Fortune, on obtient un personnage qui tient un gouvernail, qui n'est pas soumis qu'au jeu des dés, sur sa table, au "hasard" (de l'arabe "az-zahr", le dé).
Le Tarot nous montre que la vie est un jeu, mais la vie est aussi une navigation, sur la mer de La Roue de Fortune, Le Bateleur est monté sur son embarcation ("bastel", bateau) (il y aussi la présence du Mat, au passage), et il est guidé aussi par L'Étoile, et les astres au-dessus de lui, et tout un tas d'autres transmissions.
Mais il ne fera pas l'économie de l'expérience (et de la torture, de la souffrance : la roue en miroir avec Le Pendu...).
Et il devra travailler son adresse pour jouer et naviguer.

En somme, le Tarot nous montre les deux : le sort, en partie subi, et le rôle, l'influence de nos actions, de nos choix, de nos orientations, en lien avec ce sort.
Une sorte de partenariat, de jonction que l'on peut faire.

Et donc, pour revenir à nos moutons, le Tarot nous dit que tirer les cartes, c'est jouer. Jouer avec le sort, s'y soumettre, comme dans la vie, et aussi s'exercer à entrer en maîtrise.
Et quand on pratique l'art de tirer les cartes, pour soi ou pour les autres, on allie les deux :

-la divination, où peuvent apparaître, depuis le moment où l'on tire, des visions supposées de ce qui pourrait se produire, mais ce n'est pas systématique, et nul ne peut savoir avec certitude ce qu'il se passera, tant que cela ne se passe pas. 
D'où l'entraînement à la prudence, à  l'humilité, à l'éthique et la déontologie de la personne qui tire les cartes (le but n'étant pas de jouer sur la crédulité des personnes qui consultent, dans ce cas, on resterait dans la dimension du Bateleur qui trompe et se trompe aussi. La manipulation des sentiments des autres. L'intention que l'on pose en tirant les cartes est primordiale).
Donc les réponses divinatoires apparaissent plus comme des indications, des pistes (que l'on s'entraîne à voir, à renifler), des messages, qui peuvent éventuellement guider l'orientation de la personne, qui est au centre dans son libre choix.

-À la partie divinatoire, on allie la dimension orientation en terme de compréhension, de sagesse, de conseil d'action, en lien avec le symbolisme : faire se rejoindre les deux faces de la pièce, du symbolon, rejoindre la dimension d'âme.

Aujourd'hui, on parle plus facilement de développement personnel, d'empouvoirement ("empowerment") que de divination ou d'ésotérisme ou même de sagesse, qui sont des mots qui font peur (qui relèvent du numineux !).
Comme on ne veut pas inquiéter, on préfère utiliser des termes lisses, plus neutres (sans être pour autant dans la sacro-sainte objectivité scientifique !), on favorise alors des termes moins emprunts de mystère et de religiosité.

Or cela n'a jamais été les mots, les affichages, quand bien même ils seraient lisses et fréquentables, qui ont empêché, ni qui n'empêcheront, l'abus et la manipulation.
Comme l'ésotérisme et La Papesse le montrent, il faut toujours aller voir ce qui se cache derrière les choses apparentes, les affirmations, les bonnes intentions.

Enfin, pour revenir à l'exemple d'une question qui vient souvent : savoir ce qu'il va se passer avec cette personne.
On peut obtenir des informations, parfois intéressantes, permettant de se guider, mais au final, bien souvent, on ne fera pas l'économie, de quelques réflexions pour nous remettre en action, et dans une vision évolutive, du style : 
-est-ce que ce que j'attends est en concordance avec ce que je recherche ? par exemple, 
-que puis-je faire pour me "favoriser" dans la situation ? sans être uniquement dans l'attente de la chance ou de la malchance...
C'est chercher une guidance pour vivre au mieux dans le présent, mettre en place des choses pour favoriser ce que je souhaite si cela est possible, profitable, etc. 

Donc la pratique de la divination est bien, en ce sens, présente dans les tirages que l'on fait en projection, ne serait-ce que par la carte qui "sort" "au hasard". Et je crois que ce mot n'est pas à craindre, ni à écarter, à partir du moment où on clarifie ce qu'il peut recouvrir pour soi et manifester dans sa pratique.

dimanche 29 juin 2025

Les eaux du sommeil


En ce moment, ce qui se passe la nuit / dans le sommeil, est peut-être le "plus important" (par rapport au jour de ce monde). Même si l'on n'en a pas conscience.

Comme les douze princesses qui dansent, et que le roi a beau enfermer, elles ont chaque jour les stigmates aux pieds de leurs excursions nocturnes.

Une préparation à ce qui vient ?


Des fleurs croissent et se soignent dans le sommeil, l'accès le plus banal à l'autre monde, avant de connaître une expression dans ce monde de la densité.


Une soif ne peut s'étancher dans une réalité sèche. C'est pourquoi L'Étoile, la carte du tarot, par son personnage qui déverse l'eau, figure ces accès où l'irrigation peut se faire.

Dans la banalité nue du monde.
 

vendredi 4 avril 2025

9 de Cœurs - 9 de Coupe




9 de Cœurs - 9 de Coupe :

Bref bilan aujourd'hui sur ce qui vous satisfait maintenant autour dans votre vie,
et qui mérite simplement d'être reconnu par votre regard.
L'existence et la consistance de ces choses n'en seront que plus tangibles.
Oublier un temps ce qui n'est pas là, pour se concentrer sur ce qui est bien là et qui peut briller dans votre regard, et interagir avec vous de façon bénéfique.
Un point d'étape qu'on omet souvent et qu'on pourrait se rappeler régulièrement (avant de retourner la tête dans nos projets - qui nous animent mais nous projettent hors de nous aussi !). Un mouvement de balancier bienvenu.

D'autant que lorsqu'on se sous-estime, on est propice à sous-estimer ce qu'il y a de soi, autour de soi (car on met du soi autour de soi). Parfois, juste se rappeler ce qu'on aime de ces choses simples* tout près de soi, permet de mettre ceci en relation avec sa propre valeur. 
(*ou même nos fruits biscornus qui expriment quelque chose de singulier qui avait besoin de s'exprimer).

Cela demande de se permettre soi-même d'ouvrir l'espace (ce qui est loin d'être évident pour tout le monde) de son intimité dans son for intérieur, où l'on s'autorise le plus possible à être sans l'avis des autres, sans leur ingérence.

Cette action de regard, de reconnaître autour et près (de projeter de l'amour et de l'appréciation dans des "petites" "choses" qui sont bien là et bien réelles), peut être plus simple que de devoir d'abord se demander si on s'aime ou pas - et que de "devoir s'aimer".

(Vénus rétrograde en Poissons va bientôt reprendre sa marche directe, le 13 avril !).

#theenchantedtarot

 

Mauvaise herbe

  Nous avons plus que besoin de rallier  notre dimension mauvaise herbe Négligée  piétinée  arrachée,  son existence  et ses échanges  dans ...